Samedi 31 mai de 10h à 20h et dimanche 1er juin de 10h à 16h
Espace d’animations des Blancs Manteaux 48, rue Vieille-du-Temple 75004 - Paris Métro lignes 1 ou 11 : station Hôtel de Ville
Entrée à prix libre
Organisation : Librairie Publico et Radio libertaire Contact : salon-livre-libertaire@wanadoo.fr Téléphone : 01 48 05 34 08 Adresse postale : Salon du livre libertaire 145, rue Amelot 75011 - Paris
Depuis le début des années 90, des dizaines de petites maisons d’éditions se revendiquant de « l’esprit libertaire » ont vu le jour. Ces structures, majoritairement sans salarié, proposent aujourd’hui plusieurs centaines de titres allant de la brochure à l’ouvrage de plusieurs centaines de pages.
La difficulté pour ces éditeurs - généralement non distribués - étant avant tout de rencontrer les lecteurs, notre librairie a pris l’initiative en 2002 d’organiser un salon du livre libertaire. Celui-ci s’est tenu les 19 et 20 octobre à Montreuil, chez Armand Gatti, homme de théâtre avec le concours du Collectif libertaire de Montreuil.
Les locations de stands étaient symboliques : 15 euros les 1,50 mètres et 30 euros les 3 mètres...
Nous avons estimé les entrées entre 1 500 et 2 000 personnes.
En 2003, dans le cadre du Forum Social Libertaire, nous avons à nouveau réalisé les 15 et 16 novembre, dans un espace de 600 m² à Saint-Ouen, un second salon du livre libertaire.
En 2006, nous avons organisé un Salon du livre libertaire et des médias libres sur 1 500 m² à l’Espace Condorcet de la Cité des sciences et de l’industrie de la Porte de la Villette à Paris. Sur deux jours, nous avons reçu entre 4 000 et 5 000 visiteurs.
Il convient de signaler que toutes les interventions humaines, pour ces trois expériences, furent totalement bénévoles, que ce soit au niveau des organisateurs comme au niveau des auteur-e-s. Personne n’a été rémunéré, personne n’a touché un seul centime...
Radio libertaire, présente sur la bande FM de la région parisienne depuis 1981 émettra pendant ces deux jours, et en public, du Salon du livre libertaire.
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La Fédération anarchiste, regroupée lors de son 65e congrès à Le Villart (Creuse), adopte la motion suivante :
Nous constatons aujourd’hui la résurgence du religieux, compagnon et outil du capitalisme/néo-libéralisme, dans la vie sociale, politique et économique. Le développement du prosélytisme religieux, se manifestant en particulier dans le repli communautaire de fractions de plus en plus importantes de la population, donne un regain de vigueur à l’obscurantisme. L’érection d’une statue représentant l’ancien pape à Ploërmel, le retour prononcé du créationnisme comme matière universitaire, le développement des églises évangélistes, etc. sont des symptômes parmi tant d’autres de ce renforcement et de l’invasion du religieux dans la sphère publique. Au niveau international, les oppositions religieuses engendrent de plus en plus de conflits, jetant quotidiennement des centaines d’individus dans des guerres de fanatisme. Les attaques contre la liberté des femmes à disposer de leur corps et les actes homophobes se font plus virulents. La réaction des Etats est une complicité active. Le récent discours du président français, au Latran, a réaffirmé la supériorité du curé sur l’instituteur ; l’Union européenne continue de se construire sous les auspices de la chrétienté et des autres religions, et, en plus du développement des institutions privées confessionnelles, les intrusions des références religieuses dans les écoles et l’éducation se font de plus en plus fréquentes ; des maires PCF posent les premières des mosquées...
Cette offensive de la religion, assurant son rôle traditionnel de contrôle social de la soumission, rencontre une opposition qui n’est pas à la hauteur du danger. Cette quasi-indifférence permettra, si rien n’est fait, aux religions et aux sectes de tous poils d’imprégner pernicieusement les esprits et de retrouver une influence que nous pensions disparue.
Il nous semble impératif de réagir de façon énergique. La venue en France du pape, dans ce contexte, constitue une occasion pour nous d’affirmer notre volonté de s’émanciper et de s’épanouir hors du joug aliénant et oppressant des religions.
A bas l’obscurantisme ! A bas toutes les religions ! Vive l’anarchie !
Fédération anarchiste
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En 2008, le constat d’une crise environnementale globale (épuisement des ressources, effet de serre, déforestation, dégradation de la biodiversité...) est désormais largement partagé.
Partout, la réponse des tenants du système capitaliste consiste à désamorcer la contestation en organisant le consensus autour de fausses solutions. En France, cette stratégie s’est traduite par l’organisation d’un Grenelle de l’Environnement. Les solutions proposées visent avant tout à offrir de nouveaux débouchés au complexe industriel. La fuite en avant technologique aboutit à des aberrations, comme les agrocarburants, dont le développement entre directement en concurrence avec la production alimentaire et accélère la déforestation.
Face aux ravages causés par le développement durable... du système capitaliste, les populations en sont réduites en France à contester la baisse de leur pouvoir d’achat tandis que dans plusieurs pays éclatent des émeutes de la faim.
Le système connaît aujourd’hui un basculement. Si aucun gouvernement ne le reconnaît encore, ce sont bien les limites physiques de la planète qui sont largement dépassées : nous savons que, désormais, le coût du pétrole ne baissera plus.
Le discours dominant s’enferre dans une attitude schizophrène : poursuivre la logique productiviste en accélérant la croissance (rapport Attali) tout en culpabilisant les individus par rapport à leur consommation (discours de Nicolas Hulot). Le démantèlement des services publics participe en ce sens à la disparition de toute gestion collective en limitant ses prestations aux seuls individus solvables.
Insister sur les solutions technologiques et entretenir l’illusion d’une croissance propre permet à la classe dirigeante d’éviter le niveau politique, notamment les questions explosives de la répartition et de la redéfinition des richesses. En effet, le capitalisme, qui tire profit du gaspillage des ressources, est condamné à la croissance.
Sur une planète peuplée de neuf milliards d’individus en 2050, il n’y aura pas d’avenir durable, sans un ralentissement du cycle production-consommation. La seule perspective est une forte réduction de la sphère marchande et donc une diminution du temps de travail (travailler moins pour vivre mieux), bénéfique tant pour l’individu que pour la société : développement du relationnel, usage optimal, social et économe des biens et des services produits.
La relocalisation de l’activité économique doit permettre de renforcer l’autonomie des individus. Toutefois, il faut se garder de toute tentation autarcique de repli sur soi : aucun îlot écologiste ne pouvant survivre dans un océan capitaliste, l’objectif reste l’élimination du système capitaliste.
Contrairement au projet réformiste de décroissance soutenable, nous réaffirmons qu’il est parfaitement illusoire de s’en remettre à l’Etat, alors que celui-ci depuis toujours concentre les moyens et oriente la production au service des multinationales (subventions, infrastructures, recherche et développement, crédits de formation, privatisations, externalisation des coûts, prise en charge des pertes financières, etc.).
La participation d’écologistes dans les institutions montre que les étapes vers l’accession au pouvoir sont jalonnées de tous les renoncements et de toutes les trahisons.
L’autolimitation de l’activité humaine tenant compte des capacités de la planète ne peut résulter que des individus eux-mêmes, s’autogérant et se fédérant entre eux : c’est justement le projet de société libertaire !
La croissance est vitale pour le capitalisme, la décroissance lui est mortelle.
Un certain nombre de pratiques alternatives existent dans la société actuelle, préfigurant un autre futur. Mais aucune autre société ne sera possible tant que ne sera pas mis fin à l’exploitation capitaliste.
Aujourd’hui, les pays riches se satisfont de pseudo-progrès en matière d’environnement alors qu’ils tirent leur niveau de consommation insoutenable de l’exploitation des pays du Sud.
Désormais, nous savons que la décroissance est inévitable, et l’humanité se trouve face à un choix décisif, l’organiser ou la subir : écologie sociale ou barbarie !
Ne pas rompre définitivement avec la croissance, c’est condamner les populations à un avenir proche dans lequel les classes dirigeantes imposeront des restrictions toujours plus sévères au prix d’un contrôle social toujours plus fort et de populations livrées à toutes les guerres et à toutes les pénuries.
A l’opposé, la Fédération anarchiste est porteuse d’un projet qui permet aux individus de gérer la société eux-mêmes : une révolution sociale, écologique et libertaire !
Fédération anarchiste
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Pas plus qu’à la suite des scrutins de 2004 et du référendum du 29 mai 2005, cet après-municipales 2008 ne verra d’inflexion de la politique gouvernementale en faveur des intérêts de la classe ouvrière, loin s’en faut. Aux naïfs qui pensaient avoir délivré un message clair, qui espéraient voir Sarko et Parisot, défaits, faire profil bas, la réalité des faits vient infliger un cinglant démenti.
Il faut d’abord régler son sort à l’incroyable entreprise de désinformation à laquelle se sont livrés sans état d’âme les grands médias qui animent les messes électorales et télévisuelles du dimanche soir. A vingt heures, ô joie, la France avait retrouvé le chemin du civisme, la participation était en hausse...L’abstention était en réalité 7% au-dessus des chiffres claironnés par les instituts de bourrage de crâne complices des bourreurs d’urnes ! Pas étonnant dans ces conditions que la ministre de la police n’ait pas donné les résultats à la télévision dimanche soir, comme la plupart de ses prédécesseurs, mais ait dû se fendre d’un communiqué rendu public à 23h13, en catimini !
Et puisque les faits ont la vie dure, il faut les établir. Les dimanches 9 et 16 mars n’ont eu dans les urnes que des vaincus. Le PS, qui voit son candidat de Paris élu alors que le taux de participation est de 56,25%, celui de Metz se qualifier pour le fauteuil rembourré avec une abstention de 47,64 % , emporte une victoire à la Pyrrhus sur les ruines du champ de bataille sociale. L’UMP, avec la mauvaise foi qui lui est coutumière, interprète le refus de voter comme un encouragement à accélérer la casse entreprise par les gouvernements successifs, droite et gauche confondues. Car la confusion a été savamment entretenue lors d’une campagne où l’on a pu voir des socialistes soutenir la droite et réciproquement, tant compte une seule chose : le confort des lieux de pouvoir. La LCR, dopée à l’électoralisme qui lui fait oublier la lutte, gaspillera son énergie militante à la création d’ un nouveau parti fourre-tout, puis repartira en campagne pour les régionales, les européennes, jusqu’à ce que mort s’ensuive...Vaincue dans les urnes, la classe politique, que 60% des français estime corrompue, va tout faire, soyons-en sûrs, pour ne pas l’être dans la rue. Ce qui la rassure encore, c’est l’inorganisation des 42 millions de personnes qui, pour une raison ou pour une autre ne votent pas dans ce pays...
C’est cette inorganisation qui fait que le patronat continue à licencier, à piocher là où bon lui semble sur la planète les mains d’œuvre les plus dociles, les moins gourmandes, c’est pourquoi les OGM envahissent nos assiettes et contaminent les espaces naturels, c’est pourquoi Total est une nouvelle fois responsable d’une pollution aux hydrocarbures, c’est pourquoi les sans-logement et les mal-logés sont de plus en plus nombreux, c’est pourquoi le coût de la vie enchérit de jour en jour, c’est pourquoi les religieux de tout poil s’arrogent à nouveau le droit de diriger les consciences, de faire perdurer les inégalités entre hommes et femmes. La Fédération Anarchiste sera présente sur tous les fronts, sera de toutes les luttes, elle affirme que, désormais, il n’est plus d’autre moyen que de recourir à la grève générale pour se débarrasser des parasites qui viennent de faire appel au vote pour légitimer leurs rapines.
Fédération anarchiste
Mars 2008
{Consulter} la brève avec son forum.
Pas plus qu’à la suite des scrutins de 2004 et du référendum du 29 mai 2005, cet après-municipales 2008 ne verra d’inflexion de la politique gouvernementale en faveur des intérêts de la classe ouvrière, loin s’en faut. Aux naïfs qui pensaient avoir délivré un message clair, qui espéraient voir Sarko et Parisot, défaits, faire profil bas, la réalité des faits vient infliger un cinglant démenti.
Il faut d’abord régler son sort à l’incroyable entreprise de désinformation à laquelle se sont livrés sans état d’âme les grands médias qui animent les messes électorales et télévisuelles du dimanche soir. A vingt heures, ô joie, la France avait retrouvé le chemin du civisme, la participation était en hausse...L’abstention était en réalité 7% au-dessus des chiffres claironnés par les instituts de bourrage de crâne complices des bourreurs d’urnes ! Pas étonnant dans ces conditions que la ministre de la police n’ait pas donné les résultats à la télévision dimanche soir, comme la plupart de ses prédécesseurs, mais ait dû se fendre d’un communiqué rendu public à 23h13, en catimini !
Et puisque les faits ont la vie dure, il faut les établir. Les dimanches 9 et 16 mars n’ont eu dans les urnes que des vaincus. Le PS, qui voit son candidat de Paris élu alors que le taux de participation est de 56,25%, celui de Metz se qualifier pour le fauteuil rembourré avec une abstention de 47,64 % , emporte une victoire à la Pyrrhus sur les ruines du champ de bataille sociale. L’UMP, avec la mauvaise foi qui lui est coutumière, interprète le refus de voter comme un encouragement à accélérer la casse entreprise par les gouvernements successifs, droite et gauche confondues. Car la confusion a été savamment entretenue lors d’une campagne où l’on a pu voir des socialistes soutenir la droite et réciproquement, tant compte une seule chose : le confort des lieux de pouvoir. La LCR, dopée à l’électoralisme qui lui fait oublier la lutte, gaspillera son énergie militante à la création d’ un nouveau parti fourre-tout, puis repartira en campagne pour les régionales, les européennes, jusqu’à ce que mort s’ensuive...Vaincue dans les urnes, la classe politique, que 60% des français estime corrompue, va tout faire, soyons-en sûrs, pour ne pas l’être dans la rue. Ce qui la rassure encore, c’est l’inorganisation des 42 millions de personnes qui, pour une raison ou pour une autre ne votent pas dans ce pays...
C’est cette inorganisation qui fait que le patronat continue à licencier, à piocher là où bon lui semble sur la planète les mains d’œuvre les plus dociles, les moins gourmandes, c’est pourquoi les OGM envahissent nos assiettes et contaminent les espaces naturels, c’est pourquoi Total est une nouvelle fois responsable d’une pollution aux hydrocarbures, c’est pourquoi les sans-logement et les mal-logés sont de plus en plus nombreux, c’est pourquoi le coût de la vie enchérit de jour en jour, c’est pourquoi les religieux de tout poil s’arrogent à nouveau le droit de diriger les consciences, de faire perdurer les inégalités entre hommes et femmes. La Fédération Anarchiste sera présente sur tous les fronts, sera de toutes les luttes, elle affirme que, désormais, il n’est plus d’autre moyen que de recourir à la grève générale pour se débarrasser des parasites qui viennent de faire appel au vote pour légitimer leurs rapines.
Fédération anarchiste
Mars 2008
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Ni prolongement ni relance : Arrêt immédiat du nucléaire civil et militaire !
IL Y A UN AN, les grandes puissances nucléaires mondiales s’accordaient sur un programme de recherche pour la maîtrise de la fusion nucléaire. Sans qu’on en connaisse toutes les tractations réelles, c’est le site de Cadarache (13), haut lieu de traitement du plutoniumaujourd’hui transféré à Marcoule (30)- qui fut finalement retenu. Peut-on se réjouir d’un tel choix, et surtout, quelles en sont les conséquences ?
Nous, anarchistes, sommes partisans de la lumière face aux obscurantismes, et la recherche est une nécessité fondamentale.
Mais nous savons qu’elle est de plus en plus soumise aux intérêts économiques dominants dans ses applications et même dans ses orientations : on ne trouve pas toujours ce que l’on cherche, mais on ne découvre jamais ce qu’on ne veut pas trouver ! Notre hostilité au projet ITER, au delà des dangers réels d’une telle installation, est justifiée par le fait qu’un tel choix confirme le refus de s’orienter vers une société moins productiviste, moins polluée, moins centralisée : on va dans le mur et on accélère dans l’espoir de le désintégrer ! Les chercheurs qui ouvrent des pistes pour notre avenirs sont bien souvent dans la marge, car les institutions, dont les moyens viennent de plus en plus de fonds privés, cherchent avant tout à bien servir leurs maîtres. Si les chercheurs manifestent à juste titre, depuis quelques années, pour demander plus de moyens pour financer leurs travaux, nous pensons qu’ils manquent avant tout, pour la plupart, d’imagination et de courage politique pour orienter leurs recherches dans le sens des intérêts des peuples et non des multinationales.
D’ailleurs, en matière nucléaire, les pouvoirs publics trouvent toujours de l’argent : le conseil régional PACA, par pure démagogie, ne vient-il pas d’annoncer que pour chaque euro consacré à ITER, un euro sera investi dans les énergies renouvelables ?
Depuis les années soixante-dix, les gouvernements français successifs ont maintenu fermement l’orientation nucléaire, tant militaire que civile. Malgré Tchernobyl, le fiasco de Superphénix, les multiples « incidents » des centrales nucléaires, l’accumulation des déchets hautement radioactifs pour des milliers d’années, l’épuisement prévisible des ressources en uranium, malgré... une opinion publique majoritairement hostile au nucléaire.
Pourquoi ? Parce que le nucléaire, c’est le choix de la guerre, militaire d’abord, mais aussi économique et de classe. Le nucléaire implique, de par sa technicité et sa dangerosité, une concentration et une sécurité renforcées, qui justifient une opacité des informations vis-à-vis de la population ; c’est l’opposé de l’utilisation optimale des énergies renouvelables, qui se gère au plus près des usagers (même si un nouveau marché, celui des parcs éoliens, se développe actuellement).
Plutôt que miser massivement sur l’utilisation individuelle de l’énergie solaire (chauffage et électricité) par exemple, qui permettrait aux utilisateurs de s’affranchir du contrôle qu’exercent sur eux les grands groupes de distribution d’énergie, l’Etat préfère clairement tenter de reproduire l’énergie solaire dans des centrales : contrôler l’énergie est un des leviers principaux pour maintenir son pouvoir.
Les militant-es de la Fédération anarchiste appellent donc à une grande mobilisation contre le programme ITER, en particulier en se joignant à la manifestation du samedi 10 novembre 2007, 14h00 à la porte d’Aix à Marseille. Combattre l’utilisation tant de la fission que de la fusion atomiques est une étape importante pour que la population s’approprie les choix énergétiques de la société, car l’utilisation du nucléaire implique une société totalitaire, dans laquelle nos besoins et les moyens de les satisfaire sont dictés par l’État au profit de grands groupes financiers et industriels qui ne voient que leurs intérêts, quel que soit le coût pour la planète et ses habitants.
La seule fusion nécessaire est celle de nos volontés, pour décider collectivement et librement dans quelle société nous voulons vivre.
Fédération anarchiste, octobre 2007
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C’est maintenant qu’il faut y aller !
Après la loi de privatisation des universités cet été, celle concernant la limitation du droit de grève, après les lois liberticides concernant les immigrés, Sarkozy, Fillon et Parisot déclarent clairement la guerre aux salariés. Leur programme a le mérite d’être clair : fin du Contrat à Durée Indéterminée, disparition du SMIC, chasse aux chômeurs, dislocation de la Sécurité Sociale par l’introduction de franchises et le recours aux assurances privées, fermeture de dizaines d’hôpitaux, dislocation des statuts de la Fonction Publique et, bien évidemment, nouvelle attaque contre les retraites des salariés du public comme du privé (loi Fillon n° 2).
L’objectif est d’arriver à satisfaire le point 32 de l’accord du sommet de Barcelone de mars 2002, qu’ont signé Chirac et Jospin : « il faudra chercher, d’ici 2010, à augmenter progressivement d’environ 5 ans l’âge moyen effectif auquel cesse l’activité professionnelle dans l’Union Européenne »... pour cela, le premier acte passe obligatoirement par la liquidation des régimes spéciaux, avec un pilonnage médiatique sur les prétendus « privilèges » des cheminots, gaziers... alors même que les régimes des gaziers, par exemple, abondent chaque année de 100 à 150 millions d’euros le régime général de tous les salariés.
Le gouvernement veut tout casser, veut diviser les salariés, la riposte unitaire s’impose.
Désormais, les cheminots, les gaziers, les personnels de la RATP, de l’ANPE, des ASSEDIC, de l’Education Nationale, de la Poste, des hôpitaux, de l’action sociale (secteur privé), et, avec eux, l’ensemble des salariés et exclus du travail de ce pays, savent qu’ils n’ont pas d’autre solution que de recourir à la grève et aux manifestations. Ils ont raison. Ils savent que les exonérations patronales, chaque année, se montent à 65 milliards, 10 fois la somme qu’il faudrait pour ramener tous les salariés du public et du privé à 37,5 annuités ! Ils savent que l’évasion fiscale des grosses fortunes équivaut à quelques 40 milliards d’euros par an, ils savent que les « initiés », d’EADS ou d’ailleurs, se sont mis des millions d’euros dans la poche tout en expliquant partout qu’il fallait licencier 10 000 travailleurs, en France et en Allemagne ; ils savent aussi qu’une fois de plus, c’est dans leur porte-monnaie qu’on ira chercher l’argent susceptible de satisfaire provisoirement la rapacité du patronat, et que l’Etat est plein de zèle pour faire ce sale boulot, puisque c’est par l’intermédiaire de la Caisse des Dépôts et Consignations que Lagardère, Forgeard et consorts ont pu réaliser de juteuses opérations.
C’est maintenant qu’il faut y aller, sur notre terrain, le seul terrain des salariés : celui de la lutte sociale, celui qui n’attend pas les élections pour bouger et gagner, comme en 2006 avec le CPE.
Les bureaucraties syndicales auront soin de prévoir des actions sans grève, des grèves espacées dans le temps et limitées à des secteurs bien compartimentés, des temps forts pour masquer les temps faibles , mais la question se posera partout : faut-il reprendre le boulot ? Faut-il attendre un nouveau temps fort annoncé plusieurs semaines plus tard ? Faut-il attendre les consignes de confédérations particulièrement molles depuis la rentrée ? Faut-il attendre que le Parti Socialiste, qui a accepté le principe même de la réforme des régimes spéciaux, se remette de ses querelles intestines ? Faut-il attendre la création d’un nouveau parti « à gauche de la gauche » ? Faut-il attendre les municipales de mars 2008 ou les présidentielles de 2012 ? Pour discuter de tout cela , la Fédération Anarchiste appelle à la tenue d’Assemblées Générales dans chaque lieu de travail, dans chaque lieu de vie en commun, où chaque action sera discutée et mise en œuvre sur la base de mandats .
Ils ne sont forts que parce que nous sommes désorganisés, prouvons désormais aux patrons et à l’Etat que nous sommes en mesure de prendre nous-mêmes notre vie en charge !
Fédération anarchiste
octobre 2007
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La franchise ou la solidarité ?
« Qui ne peut pas payer quatre euros par mois ? » demandait récemment la désopilante Roseline Bachelot, on sait en tout cas qui ne les a pas payés : Raymond Barre au Val de Grâce, Michel Rocard en Inde, André Santini parti faire son malaise à Moscou , mais il est vrai qu’ils n’ont pas à être traités commé le commun des mortels...
Dans la longue histoire des coups bas portés à la Sécurité sociale, le dernier en date s’appelle « franchise médicale ». En seront exemptés les moins de 16 ans, les femmes enceintes, les bénéficiaires de la CMU ou de l’aide médicale d’État. Elle sera plafonnée à 50 euros par an et par malade (et non par famille !), et ne sera pas remboursable par les mutuelles. À quoi il faut ajouter les franchises déguisées : le forfait de un euro pour chaque consultation médicale, acte de biologie ou de radiologie depuis 2004, le forfait de 18 euros pour tout acte de plus de 91 euros depuis 2005, le forfait hospitalier de 16 euros par jour, la suppression de la prise en charge à 100 % des soins postopératoires depuis 2003, l’augmentation de 40 % du coût des cotisations aux mutuelles ces quatre dernières années. Le montant du reste à charge par malade s’élève déjà à 400 euros en moyenne par an, et à 110 euros environ pour ceux qui ont les moyens de se payer une bonne mutuelle : se soigner correctement coûte de plus en plus cher !
Aucune de ces mesures n’a permis de limiter l’accroissement des dépenses de santé. Elles n’ont fait qu’accroître les inégalités sociales et rendre l’accès aux soins de plus en plus difficile à un nombre croissant de personnes à faibles revenus.
Ils prétendent responsabiliser les patients. Mais est-on responsable de sa maladie ? Ils désorganisent le système de santé pour favoriser les actionnaires des cliniques privés et des laboratoires pharmaceutiques. Ils fabriquent le déficit de la sécurité sociale en exonérant les employeurs de cotisations à hauteur de 65 milliards par an , en ne compensant pas 7 milliards de taxes sur le tabac et les alcools !
D’abord prévue pour renflouer les caisses de l’assurance maladie, cette franchise est maintenant destinée à financer une cinquième branche de la Sécurité sociale, qui va être créée dans quelques mois, prenant en charge les personnes âgées dépendantes, les soins palliatifs, la maladie d’Alzheimer et la lutte contre le cancer. Génial ! Les malades paieront pour les malades ! Quel cœur de pierre n’adhérerait pas à ce beau programme ? Or les dépenses de santé sont concentrées sur un faible nombre de patients : Les 10 % de malades les plus graves qui consomment le plus de soins sont à l’origine des deux tiers des dépenses. La franchise ne limitera pas les dépenses des personnes les plus malades, sauf à les laisser mourir, mais pèsera sur les faibles consommateurs. ......
C’est une aberration en terme de santé publique, de nombreuses personnes à bas revenus renonceront à se soigner, quitte à voir leur état de santé s’aggraver faute de soins primaires.
La finalité réelle de cette mesure, c’est la fin du système solidaire, dans lequel chacun cotise selon ses revenus et est soigné selon son état de santé, selon le principe du salaire différé. C’est cette solidarité ouvrière qui est honnie par les capitalistes et les penseurs libéraux, pour qui chacun est individuellement responsable de son sort et reçoit selon ses moyens. Ils exigent la mort du principe de solidarité depuis longtemps car la solidarité les prive de profits considérables.
Or, pour nous, anarchistes, les cotisations sociales patronales constituent un vol, puisqu’elles détournent le fruit de notre travail. Quand le patronat est exonéré de ses charges sociales, c’est deux fois qu’il nous vole, et quand , en plus, il nous fait imposer par l’Etat, son fidèle commis, des franchises par-dessus le marché, c’est un troisième vol !
Au lieu de repenser l’organisation du système de soins afin de mieux prévenir les maladies et leurs complications évitables, coûteuses en moyens sociaux mais juteuses pour les industries du médicament et les médecins à honoraires libres, de revoir le mode de rémunération des professionnels de la santé, de mettre en place de véritables actions de prévention, les politiques s’acharnent à faire porter la responsabilité du déficit de la Sécu par les malades, à détruire la solidarité sociale, à s’attaquer aux plus faibles et à aider les riches à s’enrichir encore - 13 milliards de cadeaux fiscaux !
Et, par les temps qui courent, la gauche a beau jeu de stigmatiser l’agité de l’Élysée pour se parer de nouvelles vertus, nous n’oublions pas qu’elle a joué le même rôle et tenu les mêmes responsabilités que la droite dans cette oeuvre de destruction sociale les années qui ont précédé et qu’elle en ferait de même aujourd’hui si elle était au gouvernement.
La franchise est socialement injuste, économiquement inefficace et dangereuse pour la santé publique. Alors, assez de résignation ! Assez de fatalisme ! Le capitalisme et l’État n’auront jamais comme préoccupation de faire le bien de l’humanité. Leur but consiste seulement à satisfaire l’appétit insatiable des possédants par tout moyens, à commencer par le mensonge et la tromperie en tentant de faire croire qu’il n’y a plus de solidarité possible.
Si nous désirons une justice sociale et économique, une société égalitaire, autogérée et donc réellement libertaire, nous n’avons pas d’autres moyens que de nous révolter pour les conquérir.
Non à la franchise, oui à la solidarité !
Fédération anarchiste
octobre 2007 .......................................................................................................................... Ecoutez à sur le Web Radio libertaire la radio de la Fédération anarchiste http://rl.federation-anarchiste.org Lisez chaque jeudi dans les kiosques Le Monde Libertaire, l’actualité vue par les anarchistes sur 24 pages.
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